un long voyage...
11 heures de sommeil...
épuisée...
une migraine, une horreur...
quand je me focalisais
sur mes points douloureux
bizarrement,
un diaporama arrivait...
des images de ma vie
apparemment sans liens
les unes avec les autres...
une barre de fer
qui me traversait l'oeil gauche
jusqu'au bulbe rachidien...
une jupe verte et un gros noeud
une jupe en moire courte
un boléro fait par ma mère
sur ma demande
pour que je puisse cacher le smock
qui descendait coquinement...
je ressemblais à un paquet cadeau
empoisonné,
très réactive, jolie mais mordante
je ne décolérais pas....
j'en voulais à mes deux parents
qui m'avaient rejeté du cercle familial
tous les deux ensemble
ils se sont mis ensemble
pour me vomir des conduites dégoutantes
qu'ils me jetaient sur moi
quand je leur parlaisd'amour !
parce que j'avais jeté mon dévolu
sur un homme gentil, seul,
qui n'avait rien de spécial
si ce n'est que je ne me mariais pas avec lui
et que j'osais coucher avec lui...
mise dehors,
ne comptant que sur moi,
quelle solitude !
car mon amoureux gentil
était légèrement libertin
et moi je ne sentais dans
aucune stabilité affective...
je lui ai fait une vie d'enfer
je ravalais ma salive et je continuais
avec la hargne de mes 20 ans
coupée de mon ressenti
de mes hurlements de désespoir...
personne ne m'aime
et même pas moi !
habillée dema jupette verte
je suis arrivée ce jour là
à faire ressentir tout ma haine
à ma mère
qui m'a fait comprendre
que c'était un point de non retour
si je continuais ainsi...
donc ma haine, je l'ai ravalée
car je vivais dans l'espoir de résilience...
je comprends maintenant que cette colère
a coulé longtemps dans mes veines
comme une rivière sous terraine
sortant dès qu'un canal
quelque chose en offrait la possibilité...
j'ai beau savoir les choses consciemment
ça sert à rien
c'est sentir et retrouver le ressenti
qui aide à libérer l'énergie encapsulée...
la douleur de cette barre de fer
était intense
la force du filet en fer
comme une cotte de mailles
posé sur moi
et qui m'immobilise...
le fer, le faire
c'est bien lié à mon père
pas bouger...
pas faire...
comme certains d'entre vous
j'étais une fillette sensible
j'ai été écorchée vive
par des êtres trop tranchants pour moi
j'ai avancé tailladée
vidée de mon sang...
La solitude d'être bannie d'une société
d'une famille aimante
qui normalement pourrait nous secourir,
être seule affectivement
ça laisse des traces...
j'ai cherché désespérément
à me faire aimer
en n'y croyant jamais
si vos parents vous rejettent
qui sont sensés vous aimer
il y a peu de chance
de trouver un pot à son couvercle...
je comprends mieux quand on dit
que l'on ne change pas
que l'on change sa manière de voir
notre environnement...
j'ai été longtemps cernée
d'être malveillants qui ne pouvaient
que me rejeter
je regardais les gens par ce filtre de haine
je n'ai plus besoin d'amour à n'importe quel prix
je crois que je peux être aimable
j'apprécie aujourd'hui l'amour que je reçois
pas encore délicieusement
culpabilisée comme n'ayant pas droit
mais je crois que ça va changer...